Addiction

L’égoïsme et l’égocentrisme sont une véritable maladie, une addiction. J’en souffre en ce moment et d’une façon cruelle. J’ai beau me battre, mais rien n’y fait. Je veux penser à autre chose, mais j’y reviens sans cesse.

J’ai écrit une pièce que j’ai fait lire à deux personnes. La première : Pour des raisons indépendantes de sa volonté, elle ne l’a pas encore lue. C’était il y a deux mois. Deux mois que je lui ai confié mon texte. J’ai d’abord attendu sept semaines avant de la contacter pour savoir ce qu’il en était. Je lui en ai voulu, vraiment, parce que je pensais qu’elle n’en avait rien à foutre. Elle m’a répondu et elle m’a expliqué. Et je me suis demandé pourquoi elle ne m’avait rien dit dès le départ, quand je lui ai remis le texte. Pourquoi elle ne m’avait pas dit : Je n’ai pas beaucoup de temps, j’ai énormément de choses à faire. Malgré toutes les raisons qu’elle a invoquées au bout de ces sept semaines et malgré le fait que je me dise, et que je sais, que les gens ne sont pas à ma disposition, je lui en ai voulu et je lui en veux encore.

Et la question, pour moi, est de savoir si ce que je pense, si ce que je ressens est juste, ou non. Et je n’en sais rien. Je ne sais pas si j’ai raison ou si j’ai tort.

j’avais eu la naïveté de penser qu’elle allait se jeter sur ma pièce et la lire en peu de temps, deux ou trois semaines tout au plus car je pensais, et je pense, qu’elle en vaut la peine. J’ai beaucoup travaillé, je me suis investi et je crois que le résultat est à la hauteur de ce que je pouvais espérer. Non pas que je pense qu’elle soit géniale, mais parce que je pense que c’est une bonne pièce et qui mérite d’être lue et même, pourquoi pas, jouée.

Je prends son attitude pour du mépris. Du je m’en foutisme. Les raisons qu’elle m’a données n’ont aucune prise sur moi. Je les ignore. Ou je veux les ignorer, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que j’en souffre.

La deuxième personne : Elle l’a entièrement lue et m’a fait un retour, mais de la première partie seulement. Un retour plutôt positif, très positif, même. J’attends qu’elle me dise ce qu’elle a pensé de la suite. J’ai des doutes s’agissant de certaines petites choses. Je ne sais pas si ces doutes seront partagés. J’aurais sans doute des choses à modifier, à corriger. Il y a plusieurs jours, déjà, qu’elle m’a dit qu’elle avait fini. Et à présent, j’attends. Mon existence est suspendue à cette attente et à ce retour. Son opinion m’importe beaucoup parce qu’elle est compétente. Elle sait de quoi elle parle. Je n’aurais pas fait lire ma pièce à n’importe qui. Globalement positif, me direz-vous. Peut-être. Mais je pense à l’autre personne. Et cette pensée embrouille tout.

Bien sûr, je me trompe. Je devrais sans doute parler de paranoïa. L’égoïsme est normal. Tout le monde est égoïste, plus ou moins. Penser à soi est normal. Pour ce qui est de l’égocentrisme, ce n’est pas ça non plus. Je ne pense pas que le monde tourne autour de moi. Pour ce qui est de ma pièce, je pense qu’elle mérite qu’on s’y attarde, même si elle a des défauts. Et ce que j’ai du mal à accepter, c’est que certaines personnes ne s’y attardent pas. Et pas n’importe qui. Des personnes avec lesquelles j’ai un lien affectif. Ca ne concerne donc pas tout le monde. Mais les conséquences de ce manque d’attention sont pour moi dramatiques. Je suis un laissé pour compte, ils me méprisent, voilà ce que je pense, ce que je ressens. Je crois même qu’ils se moquent de moi, de ma prétention à faire quelque chose qui n’est pas pour moi, que je ne sais pas faire en croyant savoir.

En gros, voilà l’étendu du merdier que j’ai dans la tête. Mais je ne me plains pas, ça pourrait être pire.

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