Fictions

Depuis quelques temps, j’ai du mal à souffler, à respirer, à me poser. Je réagis comme un gamin qui n’a pas ce qu’il veut et qui pique sa crise. J’ai du mal à me résigner. A faire avec. Plutôt à faire sans. Je ne parle pas de femmes, de féminité, je parle d’autre chose. Ma pièce finie, au lieu d’attendre un retour qui n’arrive pas – je devrais dire une partie – j’en ai commencé une autre. Enfin, je travaille sur un canevas, c’est la première étape. Mais je me demande si c’est une bonne idée. Si le sujet de la pièce est une bonne idée, car elle est plutôt visuelle et serait davantage faite pour être développée dans un film ou une série. Et puis, je n’ai pas la fin.

Si les fictions se terminaient comme dans la vie, il n’y aurait que deux possibilités. La séparation provisoire – chacun part de son côté – ou définitive – la mort. Ce qui signifie que les autres fins, telles qu’on les voit dans un film, dans une série ou dans une pièce ou telle qu’on peut les lire, sont bidons, gratuites.

Jean Eustache, auteur, réalisateur

J’aimerais assez une pièce où les personnages s’en vont, nous quittent, sans raison apparente, pour aller ailleurs, faire autre chose, sans nous. Nous, les spectateurs… Et on se retrouverait comme des cons, seuls, abandonnés. Comme dans la vie.

Je ne les connais pas, mais il y a surement des fictions qui se terminent comme ça.

Mais je ne suis pas vraiment convaincu. Et je me dis qu’il faut trouver autre chose parce que, finalement, c’est un peu facile.

La fin justifierait-elle l’ensemble ? Sans doute. Dans le cadre d’une fiction, il est difficile de développer une histoire sans savoir où l’on va. Pour ce qui est de la vie, c’est parce que nous sommes mortels qu’elle nous est précieuse. Si nous étions immortels, elle serait totalement banalisée.

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