Le bel appartement

C’est un bel appartement, dans lequel je me sens très à l’aise. Il y a quelques meubles, mais il va falloir que j’aille chercher toutes mes affaires dans mon logement actuel qui n’est pas grand et que je suis content de quitter.

Je suis dans une voiture qui est, je crois, décapotable. Je roule dans un tunnel. D’autres voitures roulent dans le sens opposé. Ma route à moi est balisée. Des barrières souples maintiennent automatiquement ma voiture dans la bonne direction. Il y a une sortie que je dois prendre, mais je la manque. Et je me retrouve, au bout de quelques temps, dans un village dont les rues ne sont pas goudronnées. Une voiture, garée sur la gauche, gêne un peu le passage. Mais c’est une femme, rangée sur le côté de cette voiture, qui m’empêche de passer. Elle me tourne le dos et marche lentement. Arrivée devant cette voiture, elle se tourne vers moi et je m’aperçois, alors, qu’elle est aveugle.

Je suis finalement arrivé dans mon immeuble. Il n’y a pas hall, mais une grande allée couverte de plantes de toutes sortes sur les murs et des gens qui déambulent comme ils le feraient dans un centre commercial.

Puis je suis dans un tunnel qui doit faire partie de l’immeuble. Il est large et profond et manifestement, il est en construction car quelques blocs de pierre jonchent le sol. Un groupe de gens est assemblé et regarde un écran sur lequel j’apparais accompagné d’une autre personne. Ces gens semblent ravis car, sans doute, est-ce un exploit que nous avons réalisé. Mais il reste encore beaucoup de travail. Je suis content de me voir sur cet écran et je me trouve plutôt pas mal, mieux que ce que je pensais.

Nouveau pacte

Invité du festival Climax 2018 qui s’est tenu du 6 au 9 septembre à Bordeaux, l’astrophysicien Aurélien Barrau a appelé les politiques à prendre d’urgence les mesures qui s’imposent en matière d’écologie pour sauver la biodiversité, dont l’humanité fait partie et dépend. À travers un discours édifiant d’une dizaine de minutes, Aurélien Barrau explique qu’il n’existe plus qu’une seule solution : que les gens au pouvoir prennent immédiatement des mesures radicales, et contraignantes, pour éviter le crash du système planétaire. « On ne peut pas continuer à faire comme si la pensée écologiste était l’apanage de doux-dingues, et comme si le dogme d’une croissance immodérée était l’apanage des gens sérieux. C’est exactement l’inverse. Il faut que cette idée pénètre la société. Aujourd’hui, prôner une croissance continue revient exactement à dire : « On est face au gouffre, accélérons ». On ne peut pas continuer comme ça. »

Voilà où nous en sommes…

Autre lien : Aurélien Barrau – Ecologie et nouveau pacte avec le vivant (Climax 2018)

Faisons un rêve

C’est une pièce de jeunesse de Sacha Guitry, il a trente et un ans lorsqu’il la joue pour la première fois en 1916. La distribution est alors composée de sa première femme, Charlotte Lysès, de son ami Raimu qui interprète le rôle du mari, tandis que l’auteur tient celui de l’amant. Guitry reprend la pièce en 1921, avec Yvonne Printemps, devenue sa deuxième épouse, Raimu garde, bien entendu, son rôle. Puis, en 1936, il la porte au cinéma avec Jacqueline Delubac, sa troisième femme. Raimu est toujours là. De là à dire que les femmes passent et que les amis restent…

En 1916, l’année de la création, Guitry est un auteur jeune, mais qui a déjà nombre de succès derrière lui. Pendant cette terrible guerre de 14-18, il écrit quelque chose de léger, d’insouciant, et fait souffler un vent de jeunesse sur la scène parisienne. Il renouvelle la comédie de mœurs, l’allège de ses règles bourgeoises d’alors, crée des personnages plus proches de la réalité, invente le quotidien dans les dialogues. Il trouve une spontanéité de ton et de verbe très novatrice. Il est curieux de penser que, pour beaucoup aujourd’hui, il est un auteur bourgeois, alors qu’il a balayé toutes les règles, qu’il n’en a toujours fait qu’à sa tête, qu’il a sans cesse inventé, qu’il ne s’est jamais enfermé dans un genre, et que ses morales n’ont jamais rien de conventionnelles.

Pour quelqu’un qui essaie d’écrire, cette pièce relève de la perfection absolue dans la simplicité et la vérité.

Sinclair Lewis

De toute ma vie, jamais je n’ai fait une seule chose que j’ai réellement voulue ! Je ne crois pas avoir accompli quoi que ce soit si ce n’est d’avoir réussi à subsister. Je me rends compte que je n’ai pas fait la moitié du quart des choses qu’il m’ait été possible de faire. Eh bien, peut-être accomplirez-vous plus de choses. Je n’en sais rien. Mais j’éprouve une sorte de plaisir honteux de savoir que vous saviez ce que vous vouliez faire et que vous l’avez réalisé. Bien, ces gens ici essayeront de vous intimider, et de vous rabaisser. Dites-leur d’aller au diable ! Je vous soutiendrai. Prenez ce travail à l’usine, si c’est ce que vous désirez. Ne soyez pas effrayé par votre famille. Non, ni par les habitants de Zénith. Ni par vous-même, comme je l’ai été. Avancez, vieil homme ! Le monde est à vous !

Extrait de Babbitt, de Sinclair Lewis (Harcourt, Brace & Co., 1922 – Librairie Stock, version française établie par Maurice Rémon, préface de Paul Morand… je ne sais pas en quelle année).

Sinclair Lewis, auteur américain à succès dans les années 20-30, dont plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma, est cité dans un article Wikipédia consacré à Joseph Campbell, lui-même cité par Mark Frost dans son blog…

En 1930, Sinclair Lewis fut le premier Américain à recevoir le prix Nobel de littérature. Ce prix récompense tout particulièrement Babbitt (1922), l’un de ses romans les plus connus, dont le nom est devenu un mot du langage courant.

Jan van Eyck

La plus belle peinture qui soit.

Vierge du Chancelier Rolin, ou Vierge d’Autun (vers 1435).
Nicolas Rolin, Chancelier de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, est le fondateur, avec son épouse Guigone de Salins, de l’Hôtel-Dieu de Beaune, construit de 1443 à 1457

On aperçoit, au fond du tableau, le pont de Montereau, où a été assassiné Jean 1er de Bourgogne, dit Jean sans Peur, le 10 septembre 1419.

L’Homme au turban rouge (1433). Autoportrait présumé de Jan van Eyck

Les Epoux Arnolfini (1434)

Harcèlement

Voici un article : J’en ai marre d’être femme, qui traite du harcèlement de rue. Et ce dernier article, ou plutôt, la vidéo qui se trouve dans l’article m’a conduit vers cette vidéo qui traite du cyber-harcèlement.

Pourquoi un homme se permet-il de harceler une femme, de l’insulter, de l’humilier ? Je n’en sais rien. Imbécilité, frustration, sentiment de domination ? Un peu les trois sans doute. La médiocrité intellectuelle, ou le manque d’éducation n’expliquent pas tout. Des hommes en col blanc, comme on dit, et bien sous tout rapport sont capables de faire les pires choses parce que ce sont des hommes et qu’insulter une femme, lui dire qu’elle a un beau cul ou qu’on a envie de la baiser n’est pas bien grave. Certains vont même jusqu’à penser que c’est leur faire un compliment que de leur dire ça. On sait que le milieu politique reste particulièrement machos et qu’il n’est pas rare que certains hommes (pas tous, heureusement) se permettent des remarques déplacées à des femmes parce qu’elles ont osé mettre une jupe. Beaucoup de femmes politiques en ont été victimes.

Les remarques déplacées, les insultes, les attouchements sont, évidemment, inadmissibles et inacceptables. Mais que faire ? Attendre que les mentalités évolues ? Cela risque de prendre un certain temps, d’autant qu’un imbécile reste un imbécile et que le temps n’y changera rien. Mettre un flic à tous les coins de rues ? Impossible. Arrêter les coupables et les condamner ? Encore faut-il pouvoir les prendre en flagrant délit, ce qui sous-entend mettre un flic à tous les coins de rues.

Dénoncer, condamner, faire honte à celui qui agresse, qui se croit tout puissant parce qu’il est un homme, parce que c’est un imbécile ou parce qu’il a été élevé dans ce sens, ou parce qu’il a un problème et qu’il ne maitrise pas ses pulsions. L’éducation joue un rôle, à la maison mais aussi à l’école. Et dans les médias.

Très concrètement, la question est de savoir quoi faire si l’on voit une femme en train de se faire harceler ? Dans la vidéo publiée sur le blog Carnet d’escort, deux options sont évoquées. La première : s’approcher de la victime et faire comme si on la connaissait : Tiens bonjour, comment ça va ? Il y a longtemps qu’on ne s’est pas vu… Etc. Et essayer de l’éloigner de son agresseur. Sauf que… Soit la personne est rassurée et elle vous suit sans problème. Surtout si vous êtes une femme. Mais si vous êtes un homme, la victime, déjà stressée par ce qu’elle est en train de subir, peut prendre ça pour une seconde agression. Deuxième option : s’adresser à l’agresseur en lui demandant du feu, ou à quelle station il faut descendre pour aller à tel endroit, ou quelle direction il faut prendre pour aller à la rue machin ou l’avenue bidule. Là, deux réactions possibles : soit le type est décontenancé, soit il vous agresse à votre tour, genre : Tu vois pas que je suis en train de parler avec mademoiselle ? (ou avec madame). Là, bien sûr, il faut pouvoir trouver un truc pour au moins s’interposer entre l’agresseur et la victime de façon à ce qu’elle puisse partir. Ce ne sont que des idées. Il y en a sans doute d’autres. Si vous en avez, n’hésitez pas à vous exprimer, la boite de commentaires est faite pour ça.

J’ajoute deux liens, le premier vers le compte twitter Paye Ta Shnek (je n’ai toujours pas compris ce que ça voulait dire exactement), le second vers un autre compte twitter, celui de Marion Seclin.

Si vous avez été victime de harcèlement sexiste dans l’espace public, vous pouvez laisser votre témoignage sur payetashnek.tumblr. Si vous connaissez quelqu’un qui en a été la victime, n’hésitez pas à faire passer le message.

Entre deux

J’ai fait, hier soir, une chose étrange, un peu bizarre et que je n’avais jamais faite auparavant. J’ai décompté les 40 dernières secondes qui nous séparaient de la nouvelle année. J’ai regardé défiler les secondes et arrivé au 20 dernières je les ai comptées, dans ma tête. J’étais seul. Rien ni personne ne pouvait me distraire. Toute mon attention était concentrée sur l’aiguille que je voyais avancer, inexorablement. Et puis, tout d’un coup, c’est arrivé. Nous sommes passés de l’autre côté. Nous étions en 2019. J’ai trouvé ça, à la fois terrifiant et totalement ridicule. En regardant par la fenêtre, j’ai vu que rien n’avait changé. Le ciel, les nuages, tout était pareil. Les oiseaux continuaient à voler au-dessus de ma tête. Ils ne savaient pas, eux, que nous étions passés d’une année à une autre. De l’année 2018 à l’année 2019. j’ai ouvert la fenêtre et j’ai entendu, au loin, le bruit des feux d’artifice et des voix qui criaient avec enthousiasme : Bonne année ! Bonne année ! Comme s’il était arrivé quelque chose, alors qu’il n’était rien arrivé du tout. Un nombre a changé sur nos calendriers et dans nos têtes, ni plus ni moins. Un nombre qui n’a que le sens qu’on veut bien lui donner, et qui en réalité n’en n’a aucun. Qu’il soit ce qu’il est ou qu’il soit autre chose n’a absolument aucune importance. La terre tourne, les jours succèdent aux nuits. Les arbres fleurissent, perdent leurs fleurs et leur feuilles. La nature s’éveille et s’endort, nous passons dans le temps et c’est ça l’essentiel.

Cherchez la femme

Les cinq dernières minutes était une émission diffusée entre 1958 et 1973. La première date du 1er janvier 1958. D’abord diffusée en direct, elle était présentée sous forme de jeux. Deux candidats, isolés dans une cabine, suivaient l’émission et devaient, à la fin, désigner le coupable, preuve(s) à l’appui. Avant de se prononcer, ils avaient la possibilité de revoir deux séquences, ce qui demandait une grande prouesse de la part des interprètes et des techniciens.

Je parle, ici, de la première série qui s’est achevée en 1973 avec le décès de Raymond Souplex. Elle s’est poursuivi pendant de nombreuses années, le nom du commissaire (Bourrel) ayant été changé en hommage au créateur du personnage. Elle compte 54 épisodes (que j’ai vus et revus je ne sais combien de fois.).

On y découvre des interprètes débutants ou chevronnés qui sont toutes et tous aussi remarquables les un.es que les autres.

C’est cette émission qui a lancé la carrière de chanteuse de Colette Deréal, déjà connue comme comédienne.

J’avais envie de rendre hommage à cette excellent émission à toutes celles et ceux qui y ont participé : réalisateurs, interprètes, scénaristes et dialoguistes.

Raymond Souplex (Antoine Bourrel) et Jean Daurant (Dupuy, aussi orthographié Dupuis dans certaines émissions). Cherchez la femme est le titre de l’épisode.

Réalisation : Claude Loursais. Scénario : André Maheux et Henry Grangé. Dialogues : Henry Grangé.

Première diffusion, le 4 avril 1961 sur la première chaîne de la RTF. Cet épisode et le 20ème.

La maman et la putain

Où il est question de sexe, d’amour, de désillusion, des années 70, de feu 68, du temps qui passe, d’un texte sans fin et génialissime, de relations impossibles, de grands soirs qui n’auront jamais lieu.

La Maman et la Putain est un film français écrit et réalisé par Jean Eustache en 1973. Le film est considéré par de nombreux critiques comme un chef-d’œuvre du cinéma.

Le film a été tourné entre le 21 mai et le 11 juillet 1972. Avec Françoise Lebrun, Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud, tous les trois magnifiques.

Entretien avec Françoise Lebrun, Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud et Jean Eustache

A lire aussi : Dans les dessous de La Maman et la Putain

Ici et là

Ceci est une des premières photos que j’ai réalisé avec mon nouveau boitier. Rien de vraiment artistique. Je voulais juste me rendre compte. Qu’est-ce que ça donne de faire une photo de nuit, avec un éclairage minimum ? En gros, ça donne ça.