Un rêve de circonstance

Aujourd’hui, j’avais envie de travailler, mais nous sommes dimanche. La nuit dernière, j’ai fait un rêve. Une femme entrait dans une rame du métro. Elle avait le visage et l’apparence d’une comédienne que j’aime beaucoup et qui s’appelle Constance Dollé. Je crois même que j’en suis un petit peu amoureux, surtout après le rêve de cette nuit. Pourquoi elle ? Pourquoi ai-je rêvé d’elle ? Je n’en sais rien. Car je n’y pensais pas avant ce rêve. Je l’ai vu dans quelques films mais je l’ai vraiment découverte dans Un village français, excellent série au demeurant.

Bref… Elle entre dans la rame, va s’asseoir prés d’un voyageur et lui demande de lire un dialogue. Il est très court, il ne dure que quelques secondes. Puis elle vient s’asseoir à mes côtés. Sans l’avoir vu, je sais que le dialogue précédent – elle en change en fonction des gens – était tapé. Alors que celui qu’elle me présente est manuscrit et particulièrement illisible. Les répliques que je dois lire, en particulier. C’est elle qui commence. Tout se passe bien, pour moi, au début. Les mots sont relativement clairs. Mais plus j’avance, plus l’écriture devient incompréhensible. J’essaie de déchiffrer, mais c’est très difficile. Je dis ce que je lis et ça ne veut rien dire. Les mots n’ont aucun sens.

Et ça s’arrête là.

J’ai trouvé des photos sur internet, mais comme elles sont protégées, je n’ai pas osé en mettre ici. Mais vous pouvez la découvrir en cliquant sur ce lien.

Faisons un rêve

C’est une pièce de jeunesse de Sacha Guitry, il a trente et un ans lorsqu’il la joue pour la première fois en 1916. La distribution est alors composée de sa première femme, Charlotte Lysès, de son ami Raimu qui interprète le rôle du mari, tandis que l’auteur tient celui de l’amant. Guitry reprend la pièce en 1921, avec Yvonne Printemps, devenue sa deuxième épouse, Raimu garde, bien entendu, son rôle. Puis, en 1936, il la porte au cinéma avec Jacqueline Delubac, sa troisième femme. Raimu est toujours là. De là à dire que les femmes passent et que les amis restent…

En 1916, l’année de la création, Guitry est un auteur jeune, mais qui a déjà nombre de succès derrière lui. Pendant cette terrible guerre de 14-18, il écrit quelque chose de léger, d’insouciant, et fait souffler un vent de jeunesse sur la scène parisienne. Il renouvelle la comédie de mœurs, l’allège de ses règles bourgeoises d’alors, crée des personnages plus proches de la réalité, invente le quotidien dans les dialogues. Il trouve une spontanéité de ton et de verbe très novatrice. Il est curieux de penser que, pour beaucoup aujourd’hui, il est un auteur bourgeois, alors qu’il a balayé toutes les règles, qu’il n’en a toujours fait qu’à sa tête, qu’il a sans cesse inventé, qu’il ne s’est jamais enfermé dans un genre, et que ses morales n’ont jamais rien de conventionnelles.

Pour quelqu’un qui essaie d’écrire, cette pièce relève de la perfection absolue dans la simplicité et la vérité.