Tempora

L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. Gandhi

Entre deux

J’ai fait, hier soir, une chose étrange, un peu bizarre et que je n’avais jamais faite auparavant. J’ai décompté les 40 dernières secondes qui nous séparaient de la nouvelle année. J’ai regardé défiler les secondes et arrivé au 20 dernières je les ai comptées, dans ma tête. J’étais seul. Rien ni personne ne pouvait me distraire. Toute mon attention était concentrée sur l’aiguille que je voyais avancer, inexorablement. Et puis, tout d’un coup, c’est arrivé. Nous sommes passés de l’autre côté. Nous étions en 2019. J’ai trouvé ça, à la fois terrifiant et totalement ridicule. En regardant par la fenêtre, j’ai vu que rien n’avait changé. Le ciel, les nuages, tout était pareil. Les oiseaux continuaient à voler au-dessus de ma tête. Ils ne savaient pas, eux, que nous étions passés d’une année à une autre. De l’année 2018 à l’année 2019. j’ai ouvert la fenêtre et j’ai entendu, au loin, le bruit des feux d’artifice et des voix qui criaient avec enthousiasme : Bonne année ! Bonne année ! Comme s’il était arrivé quelque chose, alors qu’il n’était rien arrivé du tout. Un nombre a changé sur nos calendriers et dans nos têtes, ni plus ni moins. Un nombre qui n’a que le sens qu’on veut bien lui donner, et qui en réalité n’en n’a aucun. Qu’il soit ce qu’il est ou qu’il soit autre chose n’a absolument aucune importance. La terre tourne, les jours succèdent aux nuits. Les arbres fleurissent, perdent leurs fleurs et leur feuilles. La nature s’éveille et s’endort, nous passons dans le temps et c’est ça l’essentiel.